Kongo Brazza

Ce jour à 1960:

En 1482 Diego Cao découvre l'embouche du fleuve Congo… Cette introduction à l'histoire du Congo fait de l'Afrique un simple appendice de l'histoire européenne. Il ne serait pas trop tôt de sortir de cette caricature coloniale et réductrice qui fait encore office aujourd'hui d'histoire officielle et scolaire du Congo, de sa terre et de ses hommes. Notre histoire est celle des origines de ses habitants, depuis la naissance de l'humanité. Elle intègre notre espace géographique comme carrefour des peuples, de ses expressions étatiques à travers les ages, des éléments qui ont fait le quotidien de cette terre depuis les origines. Elle ne commence pas une nuit de partage à Berlin. Notre monde n'a pas toujours été immuable comme il nous semble trop souvent le percevoir, reléguant le progrès au seul mérite de l'apport coloniale.

Construire notre intellect et nos actes à partir de la connaissance de nous-mêmes, nous conduira à des révolutions intellectuelles telles que:

1. La fermeture du mausolée de Brazza. Des français qui l'ont visité, seul le Front National s'en félicite! Un diplomate a même confié, après y avoir vu ces fresques qui représentent le nègre primitif élevé à la civilisation par le blanc, qu'il y est rentré convaincu des effets positifs de la colonisation, et ressorti honteux des sous-hommes que son pays avait créé. Quel est le sens de la célébration de l'indépendance qui depuis quelques années est marquée par la municipalisation accélérée, si d'autre part nous rendons au colonisateur un hommage supérieur à celui rendu à tout congolais de l'histoire? Ce mausolée de la honte pourra être transformé en musée/bibliothèque/archives nationales, pour un pays qui n'en a aucun.

Quatre années après l'inauguration du mausolée de Brazza, la pilule ne passe toujours pas. Ils sont des milliers de congolais patriotes blessés dans leur amour propre par cet édifice qui par ailleurs ne semble extasier personne. Sauf peut-être l'extrême droite européenne, car au-delà de l'aspect symbolique du bâtiment, l'intérieur est tapissé de peintures représentent les Noirs autochtones en primitifs sauvages, conduits à la civilisation par Pierre Savorgnan de Brazza qui leur donne vêtements, santé et savoir. Un message indiscutablement qualifié de raciste dans les pays du nord où l'on peut se faire condamner pour moins que cela : Casterman l'éditeur de Tintin est sous le coup d'une procédure judiciaire parce que « Tintin au Congo » affiche des dialogues dénigrants pour la culture congolaise précoloniale.

2. La débaptisation de Brazzaville. L'un ne va pas sans l'autre. Si on est pour le nom de Brazzaville à notre capitale, il faut honorer celui à qui on le doit. Si à l'inverse nous sommes contre le mausolée de ce colon, à plus forte raison, on ne peut admettre qu'une oeuvre encore plus gigantesque, notre capitale entière, lui soit consacrée. Logique n'est ce pas!? Ajoutons que Brazzaville est la dernière capitale africaine à porter encore le nom de son colonisateur. Et enfin, rassurez-vous, ce n'est pas parce que la ville s'appellera Mfoa, Nkuna ou Mavula, qu'elle nous fera apparaitre comme des sauvages. Bien au contraire.

Quand il signe, le 14 juillet 1960, à Matignon, les accords de transfert des compétences, l'abbé Fulbert Youlou pense que le moment est si solennel qu'il doit s'entourer de toutes les forces politiques. Il se présente alors avec les leaders de l'opposition, Jacques Opangault et Stéphane Tchitchélé (qui a remplacé à la tête du PPC Félix Tchicaya, démissionnaire). L'indépendance est proclamée le 15 Août 1960 dans l'allégresse organisée car en réalité, le peuple est inquiet tandis que les cadres se disputent déjà le pouvoirs et les biens abandonnés par les colons.

Le nouveau pouvoir, cartel de marxisants et de militaires, institue autoritairement le même monolithisme politique et syndical que celui qu'il a combattu. Désormais il n'y aura plus qu'un parti, le MNR, Mouvement National de la Révolution, et un syndicat, la CSC, Confédération Syndicale Congolaise. Au nom de l'unité nationale. Et les critiques a posteriori du régime de Youlou mettent en avant la dérive autocratique et la partialité ethnique.



Ce jour à 2010:

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, a profité de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Congo ce dimanche, pour décerner des titres posthumes aux ‘’pères de l’indépendance’’ du Congo.

Denis Sassou N’Guesso a décerné la médaille commémorative du cinquantenaire de l’indépendance du Congo, aux pères de l’indépendance parmi lesquels Fulbert Youlou, Alphonse Massamba Débat, Marien N’Gouabi, JoachimYombi Opango, Pascal Lissouba, qui ont tous exercé les fonctions de président de la République du Congo.

La même médaille a été aussi décernée aux personnalités qui ont marqué l’indépendance du Congo, au nombre desquelles Jacques Opangault, Félix Tchicaya, Stéphane Tchichellé, Alfred Raoul Simon Pierre kikounga Got, Augustin poignet.

Cet imposant ouvrage de 16 mètres et demie a été dévoilé le 11 août par le Président de la République Denis Sassou N'Guesso dans le cadre des festivités du cinquantenaire de l'indépendance du Congo. Ce moment vient s'ajouter aux autres qui ornent la ville notamment les statues de la liberté, de la colombe de la paix, du Président Abbé Fulbert Youlou et du vice-président Jacques Opangault. La colonne de l’indépendance est un ouvrage filiforme constitué d’un socle de 3 fois 3 mètres sur 2 mètres 80 de hauteur, prenant appui sur un massif en béton armé de 4 fois 4 sur 1 mètre 80, ancré à 1 mètre 50 du sol. Elle porte en son sommet une statue de 3 mètres représentant «la Marianne». Le maire de Brazzaville Hugues Ngouélondélé a salué l'érection de ce monument qui vient enrichir le patrimoine culturel historique et touristique de la ville: "Ce monument symbolisant une femme portant les tables de la loi de la nation congolaise et baptisé colonne de l'indépendance trônera désormais sur cette place qui sera solennellement dénommée en septembre prochain par délibération municipale : Place de l'indépendance", a-t-il indiqué.

Les cinquante années d'indépendance du Congo, célébrées dimanche, ont été marquées par une longue période de guerre civile dans un pays où 70% des 3,6 millions d'habitants vit encore sous le seuil de pauvreté, même si la paix et la croissance semblent retrouvées. "Les cinquante ans d'indépendance sont marqués du sceau de l'échec. Ils sont maculés de sang. Le bilan des 50 ans de l'indépendance est très largement négatif", estime le président de l'Alliance pour la république et la démocratie (ARD, plate-forme de l'opposition), Mathias Dzon.


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